Historique 7

Salariés de BADOIT solidaires – Une autre Source vive

 


Lydie et Christophe Germain ont voulu témoigner de l’élan de solidarité dont ils ont bénéficié / Yves Flammin

Les Foréziens Christophe et Lydie Germain ont perdu leur fils de 11 ans des suites d’un cancer. Durant 7 mois, son papa a pu rester auprès de Mathys. Ses collègues de l’entreprise Badoit de Saint-Galmier ont travaillé à sa place ….

Le sujet est suffisamment significatif à mon sens, en terme de solidarité, pour témoigner à ma façon sur ce cas particulièrement douloureux de leur fils Mathys, cet enfant qui nous rappelle en quelque sorte la disparition tout aussi tragique de cet autre fils, ange voué à la chanson et qui nous a laissé un message d’extrême importance pour ceux qui le suivront ….

Les souhaits de Grégory

Peu de temps avant de nous quitter, toujours avec cet espoir fou de voir arriver cette transplantation pulmonaire qui aurait pu le sauver, Grégory avait clairement exprimé sa volonté de ne plus se taire : « Je ne peux plus me taire. Une fois que je serai greffé, je ne me tairai plus. »

La médiatisation de son engagement n’en a été que plus forte et ce, malgré les nombreuses attaques de certains milieux d’où :

Honte à ceux qui n’ont pas cessé,
De te nuire et salir les espoirs,
Jamais les bras tu n’as baissé,
On t’entend nous murmurer tout bas,
ça va, j’vous jure, je me sens bien.

http://www.association-gregorylemarchal.com/2009/rubassoc.php?uid=1&suid=3

Mathys, bien que ne souffrant pas des mêmes maux puisqu’atteint d’un cancer du foie en 2008, il faut quand même bien se rendre à l’évidence que l’épreuve pour les parents est du même ordre à la différence près, ce sont les conséquences d’une chimiothérapie fatigante et contraignante. Mathys aurait bien voulu chanter lui aussi … s’il en avait eu suffisamment la force.

L’adversité est d’autant plus mal vécue que la greffe nécessitant une opération particulièrement délicate, réalisée à Paris, obligera le couple à rester un mois dans la Capitale, chose que les structures sociales et administratives ont encore du mal à « gérer humainement ».

Témoignage recueilli par Marie-Christine Jaspard – Journal Le Progres

C’est à ce moment que Christophe, le père qui était en arrêt maladie au motif de l’état de son fils, est convoqué par le médecin conseil de la CPAM à Feurs. L’entretien tourne au plus court : « C’est votre fils qui est malade, vous, vous allez bien, vous reprenez le boulot ». Une phrase que Christophe Germain n’est pas près d’oublier.

En ce mois de juin 2009, il reprend son poste sur la ligne d’embouteillage de l’entreprise Badoit à Saint-Galmier. Il y travaille depuis 23 ans et dans cette entreprise, les salariés ne sont pas des anonymes les uns pour les autres. Ses collègues veulent donc l’aider, mais comment ? La réponse de Christophe va les éclairer : « Ce qu’il me faut, c’est du temps ». Ces journées précieuses vont lui être données par les salariés de tous les services. Au final, 170 jours de repos anonymes lui sont crédités grâce à ces dons et sans perte de salaire pour lui. C’est une véritable caisse de solidarité pour remplacer l’un des leurs.

La directrice et la DRH de l’époque valident le principe, tout comme la société mère Evian. De son côté, la direction facilite les choses. Christophe peut travailler à la carte. Elle louera même un véhicule sanitaire pour que Mathis puisse effectuer un petit voyage.

« Nous avons pu mettre le travail de côté sans avoir rien à demander à la sécurité sociale, confie le couple. Nous nous sommes sentis plus forts, dans cette période difficile, on a eu de la solidarité, on a pu soulever des montagnes. Mon chef m’appelait, prenait des nouvelles. Encore aujourd’hui, quand le téléphone sonne, c’est un copain qui appelle ». Et son épouse de renchérir : « Nous voulons dire aux gens que cela existe alors que l’on parle beaucoup d’individualisme ». Une belle manière de mettre «un barreau à l’échelle » dira Christophe pour aider les parents qui sont au 36e dessous.

mcjaspard